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>>Des légumes verts et des agrumes pour réduire l’homocystéine : c’est prouvé !

10 février 2007
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Ce n’est pas parce qu’une carence en vitamines ou micronutriments a des conséquences sur la santé qu’une supplémentation médicamenteuse s’impose, loin de là.

A elle seule, l’alimentation peut souvent largement remédier à la plupart des déficiences. Pour preuve, la place irremplaçable des fruits et des légumes frais dans la prévention des carences en acide folique qui sont à l’origine de problèmes aussi graves que des malformations fœtales ou des maladies cardio-vasculaires.

Il y a aujourd’hui deux raisons majeures de s’intéresser à l’acide folique (ou vitamine B9 ou folates). La première concerne les femmes enceintes : au cours de la grossesse, un manque de vitamine B9 accroît les risques de malformation neurologique chez le fœtus. La seconde a trait aux maladies cardio vasculaires : un déficit de cette vitamine peut être à l’origine d’une élévation de l’homocystéine dans le sang, un acide aminé dont la présence en excès dans la circulation est considérée comme un facteur de risque d’infarctus à part entière.

De 200 à 300 microgrammes de folates par jour...

Pour réduire les risques de carence, notamment chez les femmes enceintes, une supplémentation en acide folique est recommandée dans de nombreux pays. Un supplément de 200 à 300 microgrammes par jour d’acide folique suffit à améliorer le statut en folates de l’organisme et favorise la baisse de l’homocystéine circulante. En pratique, même si elle est souvent administrée par facilité, de telles doses ne nécessitent pas de supplémentation médicamenteuse et peuvent être largement couvertes par une alimentation riche en légumes et en agrumes, qui sont les meilleures sources en folates naturels pour l’organisme. C’est ce que vient de démontrer une récente étude d’intervention nutritionnelle effectuée aux Pays Bas.

... c’est-à-dire des légumes verts et des agrumes

67 sujets des deux sexes, en bonne santé, âgés de 18 à 45 ans ont été répartis en 3 groupes strictement comparables. L’intervention a duré 4 semaines.

Durant cette période, le premier groupe a été soumis à un régime alimentaire riche en folates, strictement calibré, apportant environ 400 microgrammes de folates alimentaires par jour, sous forme de légumes (épinards, petits pois, brocolis, choux de Bruxelles, haricots verts) et d’agrumes (1 orange ou 2 mandarines par jour). Comme dans toute étude contrôlée, ce groupe “ folates alimentaires ” a reçu, en plus du régime, un placebo sous forme de comprimés.

Le second groupe, appelons le groupe “ acide folique ”, a reçu une supplémentation médicamenteuse en acide folique de 250 microgrammes par jour, associée à un régime alimentaire pauvre en folates (moins de 25 microgrammes par jour) avec des salades de riz et de pâtes et peu de légumes.

Le troisième groupe était un groupe tout à fait “ placebo ”, associant à un régime pauvre en folates des comprimés de placebo. Bien entendu, les expérimentateurs ont veillé à ce que l’apport calorique des trois groupes soit identique et que le régime alimentaire, dont la teneur en folates avait été soigneusement analysée, soit rigoureusement respecté par tous les sujets.

Un effet supérieur au médicament ?

Sur le plan biologique, on a dosé les folates dans le plasma et les globules rouges ainsi que l’homocystéine circulante. Au départ, les trois groupes avaient des taux rigoureusement comparables. On a répété les dosages toutes les semaines pendant un mois. Les résultats furent particulièrement nets. Au terme de l’étude, les folates plasmatiques et érythrocytaires des groupes “ folates alimentaires ” et “ acide folique ” s’étaient largement accrus et ce, de façon encore plus significative dans le groupe “ folates alimentaires ”. De même, et c’est logique, les concentrations en homocystéine avaient diminué dans ces deux groupes. Dans le groupe “ placebo ” aucun changement n’était noté, là encore c’est logique.

350 grammes de légumes verts et une orange par jour

Pourquoi cette étude est-elle riche d’enseignements ? Parce qu’elle démontre de façon exemplaire et scientifique qu’une alimentation riche en légumes verts et en agrumes a largement les mêmes effets sur le statut en folates de l’organisme qu’une supplémentation médicamenteuse en acide folique. Elle pourrait même faire mieux.

En effet, à côté de leur teneur record en folates (et en nombreux micronutriments protecteurs antioxydants), les fruits et les légumes sont également riches en vitamine B6. Or, cette vitamine est indispensable à l’action d’une enzyme, la cystathionine synthétase, qui est responsable de la conversion de l’homocystéine en cystéine et évite ainsi sa dangereuse accumulation dans la circulation.

Autant d’arguments pour conforter la place essentielle des fruits et des légumes pour préserver à la fois le bon déroulement des grossesses et la bonne santé de ses artères !

Source : Aprifel Dr Thierry GIBAULT - APRIFEL - Octobre 1999 Endocrinologue - Nutritionniste - Attaché des hôpitaux

Référence(s) bibliographique(s) : Dietary folate from vegetables and citrus fruit decreases plasma homocysteine concentrations in humans in a dietary controlled trial - I. A. Brouwer et al - in Vol. 169 / N°6 / 1999


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